La lanterne magique en Belgique : la culture visuelle du 19e siècle

Les universités flamandes et francophones s’unissent pour mener une étude de grande envergure sur l’histoire de la lanterne magique en Belgique

La lanterne magique en Belgique : la culture visuelle du 19e siècle

 

Le programme « Excellence of Science » octroie 3,7 millions d’euros à la recherche fondamentale sur l’histoire du premier média de masse visuel en Belgique. Une équipe de chercheurs de deux universités flamandes et de deux universités francophones vont colaborer avec une haute école d’art et des partenaires internationaux pour mener une étude de quatre ans sur la lanterne magique en Belgique.

 

Les images jouaient déjà bien avant les médias sociaux, le cinéma et le Powerpoint, un rôle essentiel dans la communication. La lanterne magique ou «laterna magica » fut ainsi à l’origine de nombreux moments fascinants et enrichissants. Elle était surtout très populaire au dix-­‐neuvième siècle. Cette invention permettait de projeter des images sur les murs des théâtres, des écoles et des maisons au moyen de plaques de verre. Il arrivait également à des artistes itinérants munis de lanternes sur le dos d’organiser des spectacles de projection publics sur les foires.

 

  • La lanterne magique est un des premiers médias demasse visuels. Il s’agissait d’un outil utilisé dans l’enseignement, dans la religion, dans la politique mais aussi dans la science et dans l’art pour

permettre la communication visuelle » explique le professeur Kurt Vanhoutte (Université d’Anvers).

  • L’équipe se compose de chercheurs en histoire culturelle et histoire des sciences, en science des médias et de la communication ainsi qu’en histoire du film et du théâtre. Ensemble, nous nous penchons sur le rôle que jouait la lanterne magique durant les centpremières années de l’histoire de la Belgique. »

 

Ce projet belge rejoint une tendance internationale. «Depuis quelques années, la lanterne magique est reconnue comme étant un témoin important de l’héritage européen», nous explique le professeur Frank Kessler de l’Université d’Utrecht. « La valeur historique des plaques est souvent sous-­‐estimée et l’on ignore ce qu’il convient de faire avec une grande collection ou comment la conserver. » C’est pourquoi les universités européennes travaillent en étroite collaboration avec des collectionneurs et des musées en vue de numériser et de conserver ce témoin fragile.

 

De nombreuses collections ont également été retrouvées en Belgique. Lors d’une étude préliminaire, le Dr. Sabine Lenk et le Dr. Nele Wynants, chercheuses aux universités d’Anvers et de Bruxelles, ont déjà découvert pas moins de 100000 plaques de verre dans des musées, des bibliothèques et des universités belges. Une quantité qui va certainement encore augmenter. Les sujets sont très divers : géographie, anatomie, microscopie et astronomie. Il arrivait également à des politiciens, des religieux et des francs-­‐maçons de projeter des représentations hagiographiques mais aussi des images de voyages lointains, de colonies et de symboles pour répandre leurspensées. « Ces collections offrent un regard unique sur la culture visuelle belge depuis la naissance de notre pays. Il s’agit d’un complément essentiel et nécessaire aux sources écrites connues», expliquent les chercheurs.

 

Le programme « Excellence of Science » (EOS) qui a été lancé pour la première fois l’année dernière par le gouvernement belge, forme le cadre parfait pour cette recherche. Le Fonds de la Recherche Scientifique (F.R.S.-­‐ F.N.R.S.) et son homologue néerlandophone « het Fonds Wetenschappelijk Onderzoek-­‐Vlaanderen (FWO) » ont octroyé conjointement au premier appel 118millions d’euros à 38 consortia de recherche. Une somme qui servira à la recherche fondamentale d’excellence pendant une période de quatre ans. Le programme EOS permet la collaboration entre les communautés et les régions en matière de recherche moyennant le financement de consortia de recherche d’excellence, se composant de groupes de recherche issus des deux communautés, éventuellement complétés de groupes de recherche fédéraux et internationaux.

 

Sur le plan pratique :

 

Titre du projet : B-­‐Magic. The Magic Lantern and its Cultural Impact as Visual Mass Medium in Belgium (1830-­‐1940)

 

Domaine de recherche : Sciences humaines : études de performance, études du cinéma et des médias, histoire urbaine, histoire des sciences, sémiotique, analyse visuelle et narratologie, sciences politiques et de la communication.

 

Porte-­‐parole -­‐ coordinateur : Prof. Kurt Vanhoutte (Université d’Anvers).

 

Partenaires : Prof. VANHOUTTE Kurt, Prof. VAN DAMME Ilja (Université d’Anvers), Prof. NASTA Dominique, Prof. VANHAESEBROUCK Karel (Université libre de Bruxelles), WILS Kaat (KULouvain), Prof. MARION Philippe (Université Catholique de Louvain), Dr. CARELS Edwin (KASK Gand), Prof. KESSLER Frank (Université d’Utrecht)

 

Programme « Excellence of Science (EOS) » : http://www.eosprogramme.be/

 

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

 

Prof. Kurt Vanhoutte: kurt.vanhoutte@uantwerpen.be (+32 497 46 14 28)

Dr Sabine Lenk: S.Lenk@uu.nl

 

Dr Nele Wynants: nele.wynants@ulb.ac.be (+32 486 11 52 45)

Carpenter & Westley astronomical slides from theRoyal Institution London collection.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lantern slides from collection Helmut Wälde.

"Les lanternes magiques: ancêtres du projecteur cinématographique" - Reportage RTBF 26/03/2018