Journées doctorales 2020 REPORTEES

En raison des mesures sanitaires qui ont été prises par la FWB et par les autorités bruxelloises, tant au niveau de l’enseignement supérieur que des institutions culturelles, nous sommes au regret de reporter sine die nos journées prévues ces 28 et 29 octobre.

Dès que de nouvelles dates auront pu être fixées, nous ne manquerons pas de vous en informer

Journées des doctorant.e.s

Année académique 2020-2021

Coorganisateurs :

École doctorale en Art et sciences de l’art

École doctorale thématique en Études du cinéma et des arts du spectacle

 

En raison des mesures sanitaires dues à la pandémie de Covid-19, les consignes de distanciation physique devront être respectées.

Le nombre de places étant dès lors limité, l’accès à l’une ou aux deux demi-journées ne sera autorisé que sur réservation confirmée, avant le vendredi 23 octobre au plus tard (valerie.carlier@ulb.be)

Remerciements: ULB, Cinematek, FNRS, Académie royale de Belgique

Présentation de la recherche artistique et scientifique des doctorant.e.s

Mercredi 28 octobre 2020, au Palais des Académies (salle Baudouin)

Rue Ducale, 1

1000 Bruxelles

14h.-17h30,

  1. Réalisme magique dans la représentation des hommes léopards

Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto (ULB- ENSAV/La Cambre)

  1. Être là et feindre d’être soi

Lucie Szechter (ULg-Erg)

Pause

  1. Vivre avec des êtres mortels. Comment raconter la mort des animaux

Elsa Maury (ULg-Erg)

  1. Identité et création : Quelle est l’influence du bagage culturel de l’auteur sur sa création dans le cinéma iranien ?  Le cas de Massoud Kimiai

Talheh Daryanavard (ULB-INSAS)

Échanges avec Nicolas Wouters, premier cinéaste docteur en Art et sciences de l’art (UCL-ERG)

17h30-18h15

Projection du film La mémoire de Nelly, réalisé par Nicolas Wouters, dans le cadre de son doctorat.

Projection des travaux artistiques des doctorant.e.s

Jeudi 29 octobre 2020, de 9h. à 14h., à la Cinematek

Rue Baron Horta, 9

1000 Bruxelles

  1. Anioto, les hommes léopards : mythes et réalités

Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto (ULB- ENSAV/La Cambre)

Fiche technique :

Genre : Documentaire hybride / Work in progress

Format : Vidéo HD

Durée : 1h30’

Animation : Hervé Mata Taday, Kennedy Nzungu Nzalampangi, Aurélien Labrot, Carlos Kalonji

Montage : Juliette Kergoat

Images : Divita Walusala Dividi, Patrick Dehalu, Nicolas Socquette, Gisèle Haby

Opérateurs son : Junior Kasongo, Michel Kabeya Kalala, Christophe Blitz

  1. L’oreille décollée

Lucie Szechter (ULg-Erg)

Fiche technique :

Date : 2018

Format : DCP – couleur – 1.85

Durée : 56’

Version originale : Français sous-titré anglais

Image principale : Denis Gaubert
Son : Mariette Mathieu Goudier, Saoussen Tatah, Elton Rabineau, Delphine Malaussena, Elisa Thominet
Montage image : Clémence Diard
Montage son : Agathe Poche
Mixage : Antoine Faure
Étalonnage : Julia Mingo
Collaboration à l’écriture : Valérie Mréjen
Musique originale : Frédéric Alvarez
Production : Charlotte Vincent (Aurora Films)

Avec dans leurs propres rôles : François Noudelmann (philosophe), Catherine Bourgain (généticienne), Rami Selinger (chirurgien plastique)

  1. Nous la mangerons, c’est la moindre des choses / Considering the ends

Elsa Maury (ULg-Erg)

Fiche technique :

Genre : Documentaire

Date : 2020

Durée : 67’

Version originale : Français sous-titré anglais

Textes : Nathalie Savalois

Images additionnelles : Martin Flament, Christian Tessier (association Vautours en Baronnies)

Son additionnel : Marc Siffert, Willy Boutet, Galaad Germa, Loïc Villiot

Editing : Pauline Piris-Nury (GSARA), Geoffroy Cernaix (GSARA)

Sound editing : Marc Siffert, Thomas Ferrando

Mixage : François Aubinet

Étalonnage : Mathieu Cauville (Dame Blanche)

Production : Centre Vidéo de Bruxelles – CVB

Producteur exécutif : Cyril Bibas

Assistant de production : Marc Jottard

  1. Moshta

Talheh Daryanavard (ULB-INSAS)

Fiche technique :

Genre : Documentaire

Format :

Date : 2019

Durée : 59’

Image : Julien Lambert

Son : Éric Taryné

Montage : Jérôme Erhart

Montage son : Mathieu Z’graggen

Production : Les Productions du Verger (BE) et Supermouche Productions (FR)

Co-production : Wallonie Image Production (BE)

  1. Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto

Doctorant ULB- ENSAV/La Cambre

Biographie

Opérateur culturel polyvalent, Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto est réalisateur, producteur de films et metteur en scène de théâtre. Pionnier du cinéma d’animation d’Afrique noire, spécialiste de l’animation stop motion, il a contribué à la naissance du cinéma d’animation d’Afrique centrale en réalisant et produisant des œuvres originales ainsi qu’en assurant la formation de professionnels de l’animation. Il crée en 1988 le premier studio mobile d’initiation et de production de films d’animation et en 2004, le festival en milieu rural Caravane de Cinéma mobile pour le Sankuru en République démocratique du Congo (RDC). Il a également travaillé comme animateur à l’initiation à la culture africaine dans les écoles en Belgique ainsi qu’en France.

De 2000 à 2014, avec le concours de l’Union européenne dans le cadre des 8e, 9e et 10e Fonds européens de développement, en tant que chef de projet, il initie, forme, réalise et gère une structure de formation aux métiers du cinéma d’animation au profit des artistes des pays des Grands Lacs. Une dizaine d’œuvres d’animation issues de ces ateliers sont distribuées en Europe et aux États-Unis.

L’histoire de la rencontre entre religions occidentales importées et croyances « autochtones » a été le plus souvent abordée sous l’angle occidental. Pour approcher la thématique dans une perspective croisée entre Belges et Congolais, de 2008 à 2010, il s’est engagé à titre de Chef de projet – Chercheur au Centre de documentation et de recherche pour la religion, la culture et la société / KADOC de la KU Leuven. Il réalise une série documentaire basée sur les sources orales : Réception, perception des conceptions et pratiques religieuses au Congo, au Rwanda et au Burundi entre 1885 et 1960.

Chercheur en arts, au département de Langues et cultures africaines de l’UGent, il mène – avec le Concours de Belspo et de l’Union Européenne – des recherches de terrain en RDC dès 2017 et adapte pour le cinéma documentaire de création et pour le théâtre le procès colonial d’un chef médaillé au Nord-Est du Congo belge en 1933.

Recherche doctorale

Dans la première moitié du xxe siècle, les Occidentaux ont cherché à représenter de manière très négative les Africains. On assiste alors à la construction d’une représentation stéréotypée mêlant la réalité et l’imaginaire. La propagande coloniale autour des rites ésotériques africains a nourri certains artistes et les a incité à perpétuer des représentations dégradantes qui n’honoraient pas les personnes.

Nous sommes en présence, d’une part, de l’imaginaire occidental qui met en avant l’horreur, le caractère sauvage de certains actes et de l’imaginaire africain fondé sur une croyance collective aux forces surnaturelles et à la puissance magique de certains et, d’autre part, de la réalité sociopolitique qui régissait les actions des membres de certaines sectes. Aujourd’hui, la reterritoriaslisation d’une perspective prenant en compte le point de vue congolais offre un regard complémentaire aux sources coloniales.

Se nourrissant de sources diverses, le point focal de notre recherche est le procès d’un chef médaillé, Mbako, accusé de meurtre à la manière du léopard. La reconstitution à la fois théâtrale et documentaire cinématographique hybride interroge le passé. Le volet réflexif se penche sur des exemples de représentation artistique de l’époque coloniale et contemporaine qui soulèvent actuellement de nombreux débats. Notre réflexion artistique vient en appui de la réflexion historique sur la déconstruction des mentalités coloniales.

Notre travail réfère à la conception du réalisme magique des écrivains cubain et congolais Alejo Carpentier et Paul Lomami Tchibamba. Aux confins de l’histoire et du mythe, ces auteurs ont été, par leurs œuvres, porte-parole d’une quête identitaire de la culture noire s’appuyant sur les traditions ancestrales.

Présentation de l’intervention artistique et scientifique

Comment réaliser une œuvre cinématographique et théâtrale sur un sujet historique lorsqu’on ne possède que des archives parcellaires qui font autorité dans la matière ?
Nous avons tenté le pari de réaliser un projet d’adaptation cinématographique et théâtrale du procès des Anioto, Hommes Léopards qui a eu lieu en 1933 à Wamba au Nord-Est du Congo belge. Cette adaptation, basée sur des témoignages de descendants et empreinte de réalisme magique, permet au spectateur de s’imprégner des réalités de l’époque coloniale et de ses imaginaires qui ont tant contribué à l’infériorisation de la culture africaine ainsi qu’au racisme d’aujourd’hui. Le point de départ a été la sculpture de Paul Wissaert, une commande du Ministère des colonies en 1913, exposée au Musée de Tervuren, symbole fort de mise en scène de la représentation du Noir sauvage.

Le challenge était de trouver un équilibre entre les reconstitutions des audiences par les comédiens, les séquences animées, les archives coloniales et les témoignages des descendants de victimes. La représentation des Anioto est un sujet éminemment sensible dans la relecture du passé colonial. Documentaire et pièce participent à la (dé)construction des représentations des imaginaires racistes formatés par la colonisation sur l’Afrique et les Africains.

Artiste, passeur de valeurs constructives dans une société multiculturelle, je propose une approche apaisée de notre histoire commune en ouvrant le débat et en offrant aux médiateurs des outils d’apprentissage sur la colonisation.

  1. Lucie Szechter

Doctorante ULg-Erg

Biographie

Lucie Szechter est réalisatrice et doctorante à l’Université de Liège et l’École de recherche graphique à Bruxelles, mandataire d’une bourse FRESH allouée par le FNRS. Sa thèse est supervisée par Livio Belloï (ULg) et Joanna Lorho (Erg).

Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages dont Plage(s), produit par le Groupe de recherches et d’essais cinématographiques (GREC) en 2014, 27 ans en 2015, et collaboré avec LE BAL à Paris dans le cadre de La Fabrique du regard, elle finalise en 2018 le film L’oreille décollée dans le cadre de sa thèse en recherche-création, produit par Aurora Films avec l’aide du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et de la région des Pays de la Loire.

Elle a par ailleurs publié les articles et chapitres d’ouvrages suivants : « Le tiers serti : petite réflexion sur Z32 d’Avi Mograbi », Intermédialités, 21 (2013) ; « Le souci du tiers. L’effet de hantise » dans CinémAction, 163 (2017), en collaboration avec Marion Froger (Université de Montréal) ; « Montréal, aller-retour. Réflexions sur la recherche-création en cinéma en contexte universitaire québécois », co-signé avec Camille Bui (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) pour le livre Cinéma à l’Université. Le regard et le geste sous la direction de Frédéric Sojcher et Serge Le Péron (2020). Enfin, un texte sur sa recherche doctorale intitulé « Son propre visage en partage : mise à nu d’un dispositif documentaire à la première personne » est à paraître dans Corps, aux éditions CNRS, pour le numéro Mises en récit et corps souffrant : perspectives croisées, dirigé par Marie Dos Santos, Natasia Hamarat et Silvia Rossi.

Recherche doctorale

Le projet doctoral Son propre visage en partage. Similare (ressembler), simulare (simuler), simultas (être ensemble) et le film documentaire qui s’y rattache, L’oreille décollée, interrogent les enjeux de la ressemblance dans, et au moyen de la pratique de l’autofilmage. « Autofilmage » est entendu au sens large puisqu’il y a autofilmage dès lors que le ou la cinéaste est présent·e à l’écran dans son propre film. Autrement dit, lorsque le filmeur et la personne filmée ne font qu’un.

La ressemblance qui nous intéresse est celle qui unit par un trait physique commun – réel ou fantasmé – deux ou plusieurs individus. Elle est étroitement associée à l’idée de famille et implique un paradigme de l’apparentement selon lequel, ceux qui se ressemblent appartiennent à une même famille et, inversement, les membres d’une même famille sont censés se ressembler [Noudelmann, 2012].

D’une remarque sur les traits d’un nouveau-né dans son berceau à l’interpellation policière pour « délit de faciès », la quête de la ressemblance a souvent servi à assurer des schémas de domination, qu’ils soient restreints au cercle familial – transmission des biens matériels et du patrimoine symbolique de pères en fils – ou à l’échelle d’une société. Passé au crible du détecteur de ressemblance, le visage s’avère le lieu propice à l’union ou à la désunion d’une personne avec une autre, ou avec un groupe.

Ce que révèle également cette quête de ressemblance est la relation qui s’établit à travers elle entre un visage et le regard qui se pose sur lui.  En effet, le moyen le plus usuel de chercher cette ressemblance physique est de regarder un visage puis de le comparer. Du latin visus, le visage désigne « ce qui est vu » [Le Breton, 2003]. Il est le symbole fort de l’individualité tout en étant le premier lieu de socialité où se joue notre rapport à l’autre. L’objectif de cette recherche doctorale est de comprendre les enjeux de cette tension entre ce qu’on présente volontairement et ce que le visage trahit de nous. Quel Autre que nous-même notre visage héberge-t-il en ses traits ? 

Présentation de l’intervention artistique et scientifique

L’intervention portera plus particulièrement sur l’axe « Simulare (simuler) » de la thèse. Nous nous y poserons une question d’ordre à la fois théorique et poïétique : comment donner forme cinématographiquement à cette relation équivoque entre soi et l’autre (soi-même comme un autre) au sein du cadre ?

Simuler, avec ou sans idée de tromperie, n’est-ce pas en partie le rôle de la fiction ? Et par fiction nous entendons, lato sensu, un « produit de l’imagination qui n’a pas de modèle complet dans la réalité » (CNRTL)  et qui englobe avec lui le cinéma, même documentaire. Les choix de mise en scène pour L’oreille décollée, comme ceux mis en place dans d’autres films sur lesquels nous nous pencherons, tendent effectivement vers un cinéma documentaire qui assume d’être aussi un produit de l’imagination. Lorsque les réalisatrices ou les réalisateurs se filment eux-mêmes en assumant un dispositif documentaire qui lorgnerait parfois vers la fiction – le simulacre –, comment donnent-ils forme aux problématiques qui nous préoccupent dans cette thèse ?

  1. Elsa Maury

Doctorante ULg-Erg

Biographie

Plasticienne diplômée à la fois du Master en Narration de l’Erg et du Master d’Expérimentation en Arts Politiques (Sciences-Po Paris), Elsa Maury travaille sur des formes de récits articulés à l’écologie pragmatique (philosophie et anthropologie), avec une attention particulière pour les êtres non-humains. La thèse a été financée par le FNRS (Fresh) avec comme promoteurs Vinciane Despret (Université de Liège) et Fabrizio Terranova (École de recherche graphique).

Recherche doctorale

La recherche doctorale propose, autant dans sa partie écrite que visuelle, de mettre à l’épreuve les manières de raconter les processus (intriqués) de vies et de morts dans le quotidien d’une bergère et son troupeau. L’enjeu est d’explorer les conditions de visibilité de la mise à mort d’animaux d’élevage en proposant d’articuler ce passage à des récits de vie situés. Un travail de terrain et de tournage étalé sur trois ans aux portes des Cévennes (France) auprès de la bergère, son troupeau et l’abattoir a donné lieu au film documentaire Nous la mangerons, c’est la moindre des choses.

Le titre (provisoire) de la thèse est Entre art et ethnographie, raconter et rendre compte de pratiques de vies et de morts (élevage et abattage de moutons). Pour résumer, il s’agit d’élaborer une enquête artistique selon des formes et des temps multiples :

  1. une pratique d’observation de terrain d’une bergère et de son troupeau (avec un focus sur les relations quotidiennes et les attachements) ;
  2. accompagnée d’une étude de la littérature scientifique à propos des modes de relations inter-espèces (et plus spécifiquement des moutons) ;
  3. tout en interrogeant les représentations (modes de visibilité et d’invisibilité) concernant l’abattage des animaux d’élevage ;
  4. il s’agissait de réaliser un film (et donc proposer une certaine dramaturgie) ;
  5. compris lui-même comme une proposition de récit s’inscrivant dans une controverse.

L’enjeu principal de la recherche est de créer un espace de pensée qui traite de nos relations avec des animaux non-humains domestiqués, de la manière la plus située possible ; de complexifier les récits ou représentations à propos des relations entre une éleveuse et ses bêtes, comprenant aussi bien des pratiques de vies que des pratiques de morts.

Présentation de l’intervention artistique et scientifique

La présentation scientifique proposera d’aborder l’importance d’un certain « tournant narratif » dans les sciences humaines et les arts visuels, en regard des enjeux écologiques notamment. Cet ancrage théorique permettra de suivre des effets de récit très concrets par des anecdotes de terrain et des propositions formelles dans le film Nous la mangerons.       L’argument des récits situés et l’importance accordée aux relations inter-espèces dans la manière de représenter et de raconter les morts seront mis en perspective avec des films qui traitent de l’abattage des animaux ou de leur mort.

La présentation artistique aura pour enjeu de montrer le film Nous la mangerons, c’est la moindre des choses.

  1. Talheh Daryanavard

Doctorant ULB-INSAS

Biographie

Né dans le sud de l’Iran en 1969, je suis installé en Belgique depuis 1991 où j’ai effectué mes études supérieures en photographie puis en cinéma. J’enseigne depuis bientôt 20 ans les médias et la communication à l’IHECS, à Bruxelles.

Par ailleurs auteur et réalisateur documentaire, j’ai réalisé en 2019 mon nouveau film Moshta (le piège), volet créatif de ma thèse. Tourné sur mon île natale dans le golfe Persique, il raconte le quotidien de pêcheurs traditionnels qui tentent de se préserver face à la modernisation du pays qui menace leur mode de vie.

Recherche doctorale

Ma recherche doctorale porte sur les liens entre la littérature classique perse (épique et poétique) et le cinéma en Iran. Je m’intéresse à la manière dont le cinéma iranien se définit et est perçu en Iran et en Occident. Cette question a animé ma création tout au long du processus d’écriture et de réalisation de mon film Moshta. En tant qu’auteur iranien faisant un film en Iran, je me suis appliqué à faire un film « iranien » en m’inspirant de la narratologie et de la poésie persane.

Concernant l’influence de la littérature épique, j’ai circonscrit mon analyse au lien entre le Shâh-Nâmeh – « Livre des Rois » – et le filmfârsî.

Le Shâh-Nâmeh est un recueil de récits quasi-mythologiques imprégnés de la religion zoroastrienne qui retrace l’histoire des rois de la Perse depuis la création du monde. Rédigé aux alentours de l’an mil par le poète Ferdowsi, le Shâh-Nâmeh est considéré comme l’œuvre fondatrice de l’identité iranienne et est profondément ancré dans la culture de tout Iranien. Comparable à l’Illiade et à l’Odyssée d’Homère, l’influence du Shâh-Nâmeh touche en Iran toutes les couches de la population, au point qu’on en trouve un exemplaire dans la plupart des foyers, au même titre que le Coran.

Filmfârsî est un genre populaire et a priori de divertissement, aux scénarios souvent faits d’histoires d’amour entre des jeunes filles perdues et des mauvais garçons, de bagarres et de chanson. Le genre a cependant donné naissance à quelques œuvres majeures de l’histoire du cinéma iranien. La particularité du filmfârsî est qu’il fait référence à des récits populaires bien connus des Iraniens. Dans cette partie, je m’intéresserai plus particulièrement à un auteur, Massoud Kimiai, un cinéaste autodidacte issu d’une famille traditionnelle des quartiers populaires de Téhéran.

Présentation de l’intervention artistique et scientifique

Lors de mes études en Belgique, j’ai été très marqué par l’importance donnée à l’analyse formelle et à celle du lien entre l’œuvre et la biographie de son auteur. Ma présentation, intitulée Identité et création, interrogera l’influence que la formation et le bagage culturel de l’auteur peuvent avoir sur sa création, à travers un cinéma et une culture que je connais, ceux d’Iran.

À quelques exceptions près, le cinéma iranien a surtout été abordé par ses dimensions sociale et politique. Ma recherche touche à un autre angle d’analyse, c’est-à-dire son aspect formel, peu étudié en dehors de l’Iran. Je me suis ainsi penché sur les inspirations des auteurs en termes de typologie des personnages, de structure narrative et de rythme.

Le film que j’analyse dans cette présentation est Qyesar (1969), le deuxième long métrage de Massoud Kimiai et son premier grand succès.

L’intervention artistique consistera en la projection de mon film Moshta.

J’ai quitté mon île natale quelques mois après la révolution islamique de 1979. Quand je repense à cette période de ma vie, je revois les reflets dorés de la mer, les bateaux en bois coloré emportant leurs marchandises d’une côte à l’autre du détroit d’Ormuz… Ces images sont ce qu’il me reste de mon enfance passée sur cette île, où notre famille était installée.

À mon retour après plus de 30 ans d’absence, j’ai été frappé par l’impressionnant développement économique de l’île : aujourd’hui, de grandes routes se dessinent à travers le paysage, des centres commerciaux fleurissent aux abords de chaque bourgade et de nombreuses usines ont surgi le long des côtes.

Un seul souvenir subsiste cependant, fragile, au milieu de cette modernité : celui des moshtas, ces énormes pièges à poissons qui s’érigent solitaires sur les plages. On n’y accède qu’à marée basse, après une longue marche, éprouvante, sous le soleil.

Au cours de mes voyages, j’ai constaté l’abandon progressif de ces moshtas ou leur destruction. À leur place s’érigent de vastes complexes industriels ou des chantiers navals. La plupart des pêcheurs ont été contraints de vendre leurs terrains et de se trouver des emplois mal payés et souvent nocifs dans les usines alentour.

C’est ainsi que la dernière image de mon enfance s’évanouit peu à peu, alors que le pays s’ouvre à l’économie libérale et à la mondialisation. Ce projet de film est donc né d’une envie de fixer ces souvenirs. Le temps d’un film, à travers les regards et les situations personnelles de ces pêcheurs, j’interroge les limites et les contradictions du développement économique de mon pays.

Soutenance de thèse publique de Mohammadamin ZAMANI - 16 octobre 2020

CIRCUS, ARTS & SCIENCES - 7, 8 et 9 octobre 2020: Cinquième semaine de cirque - Colloques, séminaires, spectacles

CIRCUS, ARTS & SCIENCES

Cinquième semaine de cirque
Colloques, séminaires, spectacles
Les 7, 8 et 9 octobre 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Nous avons le plaisir de vous inviter à la Cinquième semaine de cirque : colloques, séminaires, spectacles, organisée par le Programme Cirque de l’Unité de recherche RiRRa21, Université Paul-Valéry Montpellier 3 et le Centre de recherche CiASP, Université libre de Bruxelles, en collaboration avec le Théâtre La Vignette CCU Montpellier 3, la Société française de médecine du cirque, Circus Université de Campinas (Brésil), Concordia University (Montréal), CRITAC (Montréal), CNAC-ICiMa (Châlons-en-Champagne), Ésacto-Lido (Toulouse). En raison de la crise sanitaire l’évènement se tiendra les 7, 8, 9 octobre  2020 pour l’essentiel en distanciel. Toutes les informations utiles pour assister à l’événement scientifique se trouvent dans le programme téléchargeable sur le site du RiRRa21 : https://rirra21.www.univ-montp3.fr/fr/evenements/circus-arts-sciences et ci-dessous.

Inscriptions obligatoires sur : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSf6qdn0kPCSvKtkjMdnzmKz15RjmAux2KJKttZoCSmfT3Bn5w/viewform

Contacts : annick.asso@univ-montp3.fr ; philippe.goudard@univ-montp3.fr ; pierre.philippe-meden@univ-montp3.fr ; f.trapp@uni-muenster.de ; kavhaese@ulb.ac.be

Au plaisir de vous y rencontrer!

 

Le séminaire de CiASp

Le séminaire de CiASP * Centre de recherche en cinéma et arts du spectacle vivant

Année académique 2020-2021

Le séminaire CiAsp est un lieu d’expression et de dialogue théorique et méthodologique destiné aux chercheurs et chercheuses du centre et, le cas échéant, aux étudiant.e.s en Master. Il a pour ambition de créer un espace de dialogue et de débats entre chercheurs et chercheuses de tout niveau (Master, PhD, post-doc, professeur) et est ouvert à toute personne manifestant un intérêt motivé pour le cinéma et le spectacle vivant, dans toutes formes et apparences.

Le séminaire aura lieu à la salle de réception à la Maison des Arts, Avenue Jeanne 56. En raison des mesures sanitaires dues à la pandémie de Covid-19, les consignes de distanciation physique devront être respectées. Le nombre de places étant dès lors limité, l’accès aux séminaire ne sera autorisé que sur réservation confirmée auprès de Valérie Carlier (valerie.carlier@ulb.be), au plus tard 2 jours avant la séance en question. Si le contexte sanitaire nous interdisait de se réunir en présentiel, nous passerions à Teams.

Séance 1 –  13.10  17h-19h

Amin Zamani: “Le théâtre à Téhéran et la question de la spatialité urbaine”

Séance 2 – 10.11 17h-19h

Franziska Trapp: “De l’anthropocentrisme au nouveau matérialisme: Objets et agrès de cirque”

Séance 3 – 08.12 17h-19h

Karolina Svobodova, “Des Murs”

Séance 4 –  09.02 17h-19h

Claire Deville: “CHAMANE”

Séance 5 – 09.03 17h-19h

Laurent Vanclaire: “La représentation de l’acte meurtrier comme vecteur narratif dans le cinéma de genre (krimi, giallo et slasher)” et

Jade Decock: “Artists’ moving-image: entre cinéma et galerie. Approche d’un champ hétérogène et étude d’un cas particulier – le long-métrage de fiction d’artiste”

Séance 6 – 11.05 17h-19h

Session recherche-action et recherche-création, avec: B. Hermès Roland: “Symboliques féminines et espace urbain: les problématiques de genre dans l’espace public au prisme de l’art” et Carolina Bonfim: “Théoriser la pratique et la pratique de la théorie: les dynamiques de la recherche-création”

Séance 7 08.06 17h-19h

Bart Moens, Marte Van Hassel, Nele Wynants, Sabine Lenk: “B-Magic carrousel. Pratiques de la mise en scène à travers la création et la projection des plaques de lanterne magique” (avec séance de projection!)

La langue du séminaire est le français, ce qui n’exclut pas l’usage de l’anglais dans le cadre d’interventions / présentations ponctuelles.

Au plaisir de vous rencontrer!

ERC Starting Grant pour Nele Wynants: SCIFAIR

Les nouveaux lauréats d’un Starting Grant du Conseil européen de la recherche sont connus.

Nele Wynants, membre du centre de recherche en cinéma et spectacle vivant,

est une des quatre lauréates ULB à recevoir la prestigieuse bourse européenne.

 

Porté par Nele Wynants – Centre de recherche en Cinéma et Arts du spectacle (CiASp), Faculté de Lettres, Traduction et Communication -, le projet Science at the Fair (SCIFAIR) vise à mener une recherche innovante sur le rôle que les forains itinérants ont joué dans la transmission et la popularisation des sciences et techniques, lors de foires en Europe de l’ouest, entre 1850 et 1914.

A une époque où les moyens de communication moderne n’existaient pas encore et que seule une minorité de la population savait lire, beaucoup d’habitants dépendaient des spectacles et des expositions ambulantes pour s’informer : dans les cabinets anatomiques, les musées zoologiques et anthropologiques ainsi que dans les théâtres scientifiques, les forains montraient les « merveilles de la nature » et les développements scientifiques spectaculaires de l’époque. SCIFAIR explorera comment, pendant cette période, la foire, avec ses spectacles itinérants, était non seulement une tradition populaire locale mais aussi un centre d’échanges internationaux. Le projet étudiera en détail de quelle manière ces spectacles jouaient  un rôle-clef dans la circulation et la popularisation de la science parmi la population, dans tout l’espace social, s’appuyant sur des réseaux internationaux efficaces.

Nele Wynants réunira une équipe de chercheurs multilingue et multidisciplinaire qui analysera ces spectacles scientifiques à travers les frontières nationales par l’élaboration d’une cartographie détaillée des réseaux transnationaux des théâtres de foire en Europe de l’ouest. Les chercheurs étudieront non seulement les discours didactiques explicites mais ils analyseront aussi comment la connaissance implicite et les valeurs sociales d’alors concernant la santé, le genre, la nation, la classe ou la race furent mises à l’épreuve ou renforcées.

 

 

Nouvelles membres CiASp - Marielle PELISSERO et Franziska TRAPP

Notre centre de recherche CiASp est heureux d’accueillir deux nouvelles membres :

Marielle PELISSERO et Franziska TRAPP

Nous leur souhaitons la bienvenue.

MARIELLE PELISSERO

Marielle Pelissero est Collaboratrice scientifique F.R.S.-FNRS rattachée au CIASP – ULB. Elle est également Visiting Assistant Professor au département de Humanities and Media Studies et de Performance studies, à Pratt Institute – New York. En tant que Chercheure invitée, elle mène ses recherches sur les Performances Studies à la Tisch School de l’Université de New York, où elle étudie la dimension sociale de l’expérience artistique en compagnonnage avec Fred Moten. Son travail combine les approches théorique et artistique, sous la forme de recherche-performances. Elle publiera prochainement De l’underground à la superstructure. Émergence de la notion de performance en France, Paris, Garnier, 2020.

 Technologies numériques, média sociaux et performance. L’esthétique de la socialité comme nouvelle pratique artistique ?

Pendant un spectacle, certaines personnes ne se contentent pas d’assister à la performance, mais travaillent activement à documenter leur expérience avec leurs smartphones. Le plus souvent, les photos et vidéos sont produites pour être partagées sur les réseaux sociaux tel qu’Instagram. Ce phénomène global, qui concerne un nombre important de spectateurs à travers les générations, les groupes sociologiques ou ethniques et les communautés culturelles, déstabilise en profondeur les catégories essentielles de la performance theory. Le projet entend étudier la façon dont les spectateurs prennent part à cette pratique globale au sein des contextes de société occidentale, en comparant les terrains des métropoles cosmopolites de Bruxelles et New York. J’étudierai des cas minutieusement sélectionnés en collaboration avec les acteurs culturels partenaires du projet. Nous favoriserons les problématiques relatives à la socialité, à la représentation et à l’identification individuelle et communautaire. Grâce à une méthodologie hybride qui combinera des protocoles recherches en anthropologie numérique et en media studies, et des méthodes propres aux performances studies, j’étudierai l’histoire récente de l’usage des médias numériques par les spectateurs, le discours qu’ils tiennent au sujet de cette nouvelle pratique, les documents audiovisuels qu’ils créent pendant un spectacle et l’activité sociale et performative des participants à un spectacle. En considérant les résultats, j’étudierai la pertinence des concepts et notions essentiels de la performance theory à l’égard de ce phénomène, et considèrerai la façon dont cette nouvelle pratique impacte la création. D’abord, les artistes cherchent à produire des œuvres compatibles avec la reproductibilité numérique à laquelle elles s’exposent. Ensuite, cette pratique élargit le domaine de l’œuvre ouvrant sur de nouvelles conceptions, telles que les idées d’« expanded disciplines » et d’ « esthétique de la socialité ».

FRANZISKA TRAPP

Franziska Trapp est chercheuse postdoctorale (chargée de recherche) à l’Université libre de Bruxelles et l’Université de Münster (Allemagne). Dans sathèse du doctorat intitulée  » Lectures du cirque contemporain « , elle a développé la première méthodologie pour l’analyse des spectacles de cirque contemporain qui a été transformée en une méthode de feedback pour les processus de création artistique. Elle est la fondatrice du projet de recherche Zirkus | Wissenschaft et organisatrice de conférences internationales telles que Semiotics of the Circus (2015) et UpSideDown – Circus and Space (2017). Au cours des dernières années, Franziska Trapp a travaillé pour diverses productions de cirque telles que le Festival Mondial du Cirque de Demain et le Cirque Bouffon et a obtenu le Certificat en dramaturgie circassienne (CNAC et ESAC). En 2019 elle a obtenu la troisième place du prix du jeune talent de recherche allemand (Academics/Die Zeit) pour son travail.

De l’anthropocentrisme au nouveau matérialisme: Objets et agrès de cirque

Dans l’histoire du cirque, on peut retracer de manière impressionnante le passage de l’anthropocentrisme au nouveau matérialisme, dans lequel la matière est attribuée un rôle actif, agissant. Alors que le cirque traditionnel peut être considéré comme un symbole de l’anthropocentrisme occidental, le cirque contemporain présente des caractéristiques du nouveau matérialisme. L’objectif du projet de recherche est de retracer le développement des relations sujet-objet dans les spectacles de cirque et de les situer dans leurs contextes culturels et historiques respectifs. Je veux comprendre comment les objets et les agrès dans les spectacles de cirque sont utilisés de manière spécifique, et comment cette utilisation se reflète dans la compréhension de la société sur la façon dont les objets doivent être manipulés.

L’accent mis sur les objets dans les spectacles de cirque est basé sur les deux prémisses suivantes : Premièrement, l’utilisation spécifique d’objets et d’agrès est la caractéristique centrale qui distingue le cirque des autres formes artistiques, telles que la danse, le théâtre et la performance. Deuxièmement, cette approche historico-culturelle est basée sur une compréhension du cirque comme un « discours métaculturel » : Il y a toujours eu une forte interaction entre le cirque et les normes sociales. L’apogée du cirque traditionnel pendant la révolution industrielle, par exemple, ne peut pas être comprise sans prendre en compte la montée de l’anthropocentrisme moderne au même moment, tout comme aujourd’hui la présence croissante du cirque contemporain sur la scène internationale de l’art, de la culture et du théâtre au début du XXIe siècle résonne avec l’intérêt pour le nouveau matérialisme. En prenant en compte cette interdépendance, une analyse des spectacles de cirque inspirée par le nouveau matérialisme nous offre la possibilité non seulement de générer des connaissances spécifiques au cirque, mais aussi de fournir des aperçus généraux sur la façon dont la société traite la matière.

Quelques publications de Franziska

Trapp, Franziska: Lektüren des Zeitgenössischen Zirkus. Ein Modell zur text-kontext-orientierten Aufführungsanalyse. De Gruyter, Spectrum Literature, Berlin, Boston, 2020.

Trapp, Franziska: Literary Circus. Towards the adaption of novels in the work of ‚Les Colporteurs’. In: Margarete Fuchs, Anna-Sophie Jürgens und Jörg Schuster (Ed.): Manegenkünste. Zirkus als ästhetisches Modell. Bielefeld: Transkript Verlag 2020. P.7-13.

Trapp, Franziska: « Le cirque contemporain ou ce qu’il en reste » une lecture du spectacle Les Princesses du Cheptel Aleïkoum. In: Cyril Thomas (Ed.): Les dramaturgies plurielles du cirque. Brussels, Paris: CNAC et ESAC 2020. P.182-197.

Trapp, Franziska: L’importance du context pour la lecture des spectacles de cirque. Le cas de Jimmy Gonzalez, D’Argile. In: Magalie Sizorn, Agathe Dumont (Ed.): Professionalisation dans les arts du cirque. Reims: EPURE (Presses Universitaires de Reims) 2018. p.153-165.

Trapp, Franziska, Narrating the Other. L’autre by Claudio Stellato. In: Karen Fricker (Ed.): Circus and its Others. Performancematters: Montréal 2018. p.71-77. http://performancematters-thejournal.com/index.php/pm/article/view/142/208.

Trapp, Franziska and Maren Conrad: Zirkus und Raum. Eine Semiotik der Performanz. In: Martin Nies (Ed.) Raumsemiotik. Räume. Grenzen. Identitäten. Schriften zur Kultur- und Mediensemiotik Online. Flensburg 2018. p.223-240. http://www.kultursemiotik.com/wp-content/uploads/2019/10/Raumsemiotik-Martin-Nies-Hg._SMKS-Online-No.4-2018-red.pdf

Journal de "L'ANTI-CONFINEMENT" - Lucas Trouillard

Le journal de « L’ANTI-CONFINEMENT »

Lucas TROUILLARD
Doctorant en arts du spectacle vivant à l’ULB

Le journal de l’anti-confinement est une réponse – poétique et pas trop sérieuse – au journal de confinement du directeur du Théâtre de la Colline (Paris), Wajdi Mouawad. Un appel aux sens, pour sortir du confinement par les mots, par le haut, hauts les coeurs, haut-le-coeur poétique, pics acérés, queer, décolonial, anti-cons, finement.

À retrouver ici

Publication "FICTIONS INDISCIPLINÉES" Pierre Larauza

Article de Pierre LARAUZA
« FICTIONS INDISCIPLINÉES »

(AUTO)PORTRAITS, INTERTEXTUALITÉ ET SYNCRÉTISME D’APRÈS UNTITLED

FILM STILL (1977-1980) DE CINDY SHERMAN

Fig. 1 – Cindy Sherman en 1966 (à gauche). Photographie par Conrad G. Zink

INTRODUCTION

« Changing the angles of my face to become different faces. » (1) Cindy Sherman

Les photographies de Cindy Sherman induisent une variété de réflexions contemporaines qui dépassent les enjeux liés au médium photographique. Au-delà de questionnements propres au champ de l’art, son travail interpelle la société américaine dont elle décrypte les conventions. Ne pouvant traiter ici de tous les aspects de sa pratique, nous chercherons ici à approfondir les pistes déjà existantes en nous intéressant au caractère intertextuel de son œuvre et à l’intermédialité nourrissant ses photographies. Après une introduction à la démarche singulière de l’artiste, nous nous attacherons plus spécifiquement à la série Untitled Film Stills (1977-1980) en tentant de décrypter la dimension syncrétique qu’entretient à plusieurs niveaux cette œuvre avec le cinéma. Il s’agira ainsi d’identifier la présence cinématographique dans ce travail photographique, sur les plans stylistique, narratif, thématique ou encore métaphorique, et de voir jusqu’à quel point cette œuvre paradigmatique de Sherman pourrait être considérée comme un objet hybride, une image-film, au-delà des frontières médiumniques.

(…) La suite ici

Publication "When Fact is Fiction" Nele Wynants

Publication du livre de Nele WYNANTS
« When Fact is Fiction »

B-magic contribution to exhibition at Université Libre de Bruxelles

When the exhibition “Cent ans d’un prix Nobel » on professor of medicine Jules Bordet” will open on 8 October 2019 at the Salle Allende on ULB’s Solbosch Campus in the heart of Brussels, visitors will learn also about the impact of the magic lantern at ULB. The re-discovery of the important lantern slide collection kept by the ULB Archive, and the activities organised for its preservation by B-magic team member Sabine Lenk, led the curator Nathalie Levy to open a small section for the reflection on the lantern as teaching tool. Most of the ULB slides were produced by researchers such as Abraham Léo Errera (biology), Jean Massart (biology), Émile Waxweiler (biology, sociology), working at the “scientific city” situated at Parc Léopold. Jules Bordet, well-known for his discoveries in bacteriology and immunology for which he received the Nobel Price in Physiology / Medicine in 1919, was inspired in his work in the 1890s by the intellectually challenging and creative sphere at Parc Léopold where he started his first experiments in Massart’s and Errera’s laboratories. It is in this scientific nucleus that progressively professors started to rely on the photographic reproduction of their experiments on glass-plates to disseminate the result of their research by presentations with the lantern in class and at conferences. The exhibition on the life and work of Jules Bordetwill be open until 22 December.

 

More information on the events celebrating Jules Bordet: https://actus.ulb.be/fr/presse/communiques-de-presse/recherche/100-ans-nobel-jules-bordet-invitation-vernissage-seance-academique

 

CiASp accueillera cette année la professeure Beatriz Martínez del Fresno de l’université d’Oviedo en tant que chercheuse invitée

CiASp accueillera cette année la professeure Beatriz Martínez del Fresno de l’université d’Oviedo en tant que chercheuse invitée


 

Beatriz Martínez del Fresno est professeure des universités au département d’histoire de l’art et musicologie de l’Universidad de Oviedo. Docteure en histoire de l’art (avec une thèse en musicologie) et diplômée en piano par le conservatoire d’Oviedo, elle travailla pendant trois ans au conservatoire de Bilbao avant d’intégrer comme enseignante l’Universidad de Oviedo en 1986. Au cours de sa carrière, elle a été responsable de diverses matières liées à l’histoire de la musique, l’histoire de la danse et les méthodes de recherche musicale. Elle a été invitée comme enseignante de License, Master et Doctorat par les universités de Saint-Jacques-de-Compostelle, Valladolid, Salamanque, Grenade et Uruguay, ainsi que par le INBA du Mexique. Actuellement elle est professeure dans la License en histoire et sciences de la musique (Faculté de Philosophie et Lettres de l’Universidad de Oviedo) et dans le Master interuniversitaire en Patrimoine musical (Universidad Internacional de Andalucía, Universidad de Granada et Universidad de Oviedo). Ces dernières années elle a dispensé des cours liés à la documentation du patrimoine musical, histoire de la danse pendant le XXe siècle et les études de genre appliquées à la musique.

Son séjour à l’ULB a un double but. D’un côté Beatriz veut observer les formes de travail et les méthodologies d’analyse suivies dans le Master en Arts du spectacle vivant et dans le Doctorat en Arts et sciences de l’art. La gestion des diplômes et l’expérience du corps enseignant quant aux problématiques de l’étude de spectacles vivants, leurs réflexions et méthodologies spécifiques, ainsi que la façon d’aborder les recherches des étudiants peuvent entraîner un grand intérêt comme référence pour renforcer le développement de la recherche académique à propos de la danse et les arts du spectacle en Espagne. En ce qui concerne le Doctorat, l´’articulation de la relation entre création appliquée et réflexion théorique est de même un élément clé pour conseiller un genre de thèse en danse qui commence à avoir une certaine demande en Espagne, dans une ligne de travail qui précise de nouvelles formes de collaboration entre académiciens et artistes. Parallèlement elle souhaite rencontrer les membres de CiASp et de MuCiA qui soient intéressés par l’étude de l’imbrication de la musique, la danse et le théâtre dans des processus socioculturels, identitaires et politiques du XXe siècle dans le contexte de régimes dictatoriaux et transition démocratique. Le but de cet échange est d’enrichir la perspective internationale du projet de l’État espagnol coordonné par l’Universitat Autònoma de Barcelona et l’Universidad de Granada, duquel fait partie la chercheuse, et qui étudiera ce sujet en Espagne, particulièrement pendant la deuxième partie du franquisme, le franquisme tardif et la transition démocratique (1959-1978) à la suite d’une ligne consacrée auparavant aux années de la guerre civile et la première partie du franquisme. A cet égard, le séjour à Bruxelles sera profité pour réaliser un travail d’archivage lié aux fonds des compagnies qui ont joué en Espagne pendant la chronologie du projet en cours.

 

Contact: mbeatriz@uniovi.es

Publication de l'ouvrage collectif "Créons au musée"

Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication de l’ouvrage collectif « Créons au musée » (sous la direction de Katia Legeret, éditions Geuthner) qui inclut l’article de Pierre Larauza faisant suite à une communication, supportée en novembre dernier par le CiAsp (aide à l’hébergement sur Paris), pour le colloque « L’intime à l’œuvre II : SURexposition(s). Connaître l’œuvre exposée et muséale par la performance » au Musée national des arts asiatiques-Guimet.

Sur fond de témoignage sur une expérience chorégraphique menée au Musée des Beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville au Vietnam, l’article questionne les mutations qu’opère l’immersion de la danse dans les musées au niveau de la spectatorialité, amenée à être hybride. Il s’intitule « Regards croisés sur la danse au musée. Performance, workshop, répétitions et spectacle : quatre variations chorégraphiques expérimentées dans un espace muséal au Vietnam ».

Le centre de recherche en cinéma et arts du spectacle (CiASp) de l’ULB accueille VESTA GRABŠTAITĖ de la Vilnius Music and Theatre Academy of Lithuania en tant que chercheur visiteur

Le centre de recherche en cinéma et arts du spectacle (CiASp) de l’ULB accueille VESTA GRABŠTAITĖ de la Vilnius Music and Theatre Academy of Lithuania en tant que chercheur visiteur

From 1986 to 1990 Vesta GRABŠTAITĖ studied movement improvisation and worked as an actress in Moscow at Improvisation Theatre Studio under Oleg Kiseliov, director and creator of improvisation method “Logic of Movement”.  From 1990 till 1996 she studied the Suzuki Method of Actors training at the Japan Performing Arts Centre in Toga, Japan, and became certified teacher. She studied the traditional Okinawa dances (under Hisae Takamine), Japanese language, music, and martial arts at Institute for Research of Traditional Okinawa Dances (Japan).  From 2000 to 2005 she studied at the Music and Theatre Academy of Lithuania and received her Master degree in theatre directing. Currently she is running the Art Research Studies at Vilnius Music and Theatre Academy of Lithuania where she works as a teacher and head of Acting and Directing Department.  As a director she is specialised in opera creation and as a choreographer she is mainly cooperating with Oskaras Koršunovas Theatre (OKT). 

Vera about her research at CiASP (ULB): “The global intention of my research turns around the theatre creation processes. I try to explore the processes that actor, as an individual, is confronted to. I focus attention on the construction of acting structures adapted to the performance content. The models that I study are applying complex systems theory and focusing on actor potentialities as a basic support of the interactive process. In Brussels I observe the teaching of actors and I analyse various aspects of body-mind approaches proposed to the actors. My theses would like to verify if there are some specific factors of consciousness evolution in the individual when applying appropriate didactical cognitive supports in his/her acting construction.”

Publication "Petites Mythologies Flamandes" - Jan Baetens et Karel Vanhaesebrouck

Petites Mythologies Flamandes

Jan Baetens et Karel Vanhaesebrouck

La Lettre Volée – Essays
Photographies de Brecht Van Maele

Que signifie être ou se sentir Flamand ? La question flamande semble être un noeud gordien: langue et culture, histoire et économie, politique et justice y sont inextricablement liées. cependant, tout au long de ce fouillis, un autre fil rouge se dévide, presque inévitablement, celui de l’identité flamande, en tant que fiction et en tant que réalité. Philosophes, médias, politiques et hommes de la rue, tout le monde a son opinion sur cette identité flamande, tout comme les auteurs de cet essai inspiré des Mythologies de roland Barthes. À travers les trente vignettes analysées ici, ils interrogent la manière dont le Flamand se présente dans son comportement quotidien : que regarde-t-il à la télévision? comment tond-il sa pelouse? quand aime-t-il aller au bistrot? quelles expressions aime-t-il ressasser? comme Freud dans sa Psychopathologie de la vie quotidienne, les auteurs tentent de pénétrer « l’être » flamand, en regardant ce que le Flamand fait (ou non) et en écoutant comment le Flamand parle (et ce qu’il pourrait cacher).

Parution de l'ouvrage "Connaît-on la chanson?: Usages de la chanson dans les cinémas d'Europe et d'Amérique Latine depuis 1960"

Connaît-on la chanson?

Usages de la chanson dans les cinémas d’Europe et d’Amérique Latine depuis 1960

Collections : Repenser le cinéma / Rethinking Cinema

Edited By Sophie Dufays, Dominique Nasta and Marie Cadalanu

Les chansons, liées au cinéma depuis ses origines, ont acquis une force nouvelle et singulière tant dans les productions commerciales que dans les films d’auteur récents, notamment en Europe et en Amérique latine. Mais si les études consacrées aux rôles de la chanson et de la musique populaire dans le cinéma se sont multipliées, peu de travaux ont considéré leur place dans les cinémas européens et latino-américains au-delà de la période classique.

C’est sur un corpus de films à chansons parus à partir des années 1960 que se concentre le présent ouvrage. Les différentes contributions proposent un panel d’approches novatrices et complémentaires, esthétiques mais aussi culturelles, historiques et musicologiques, qui offrent un éclairage inédit sur cette production.

L’ambition de ce volume est de participer au développement d’une analyse esthétique et théorique du film à chansons dégagée du modèle hollywoodien mais aussi, plus largement, de tout modèle générique. Penser la place qu’occupe la chanson dans des cinématographies très variées géographiquement et historiquement, du cinéma français au cinéma brésilien en passant par les cinématographies d’Europe de l’Est, permet de susciter de nombreux rapprochements susceptibles d’ouvrir la voie à de nouvelles approches.

 

Résultats du projet INNOVIRIS The Diversity of Work in the Creative and Cultural Industries

Le 4 décembre 2018 les chercheurs du projet Innoviris The Diversity of Work in the Creative and Cultural Industries ont présenté les résultats de leurs recherches lors d’un colloque de clôture. Ce projet (financé par le programme Anticipate de l’organisme bruxellois de promotion de la recherche Innoviris) a été dirigé par une équipe interdisciplinaire de six professeurs (Jean-Louis Genard [ULB], Judith le Maire [ULB], Christine Schaut [USL-B], Karel Vanhaesebrouck [ULB], Bas van Heur [VUB] et Walter Ysebaert [VUB]) et parrainée par le Réseau des arts à Bruxelles/Brussels Kunstenoverleg (RAB/BKO) et Perspective.brussels. La partie empirique de la recherche a été menée par les sociologues François Rinschbergh (ULB/USL-B), Eva Swyngedouw (VUB et ULB) et Jef Vlegels (VUB/UGent).

Pendant près de 4 ans, une équipe interdisciplinaire de chercheur.e.s issu.e.s de l’ULB, l’USL-B et la VUB s’est intéressée de près à la diversité des univers culturels et créatifs de Bruxelles. L’ambition de cette recherche collective a été de contribuer à une meilleure connaissance de ce large domaine, d’enquêter sur les pratiques de ses divers acteurs (au sein de différents secteurs) ainsi que de questionner l’adéquation entre leurs besoins et les réponses apportées par les (multiples) politiques culturelles qui s’appliquent sur le territoire de la Région bruxelloise.

Le colloque de clôture de notre projet Innoviris fut l’occasion de présenter les principaux résultats de nos enquêtes et d’annoncer la publication d’un ouvrage coordonné par notre équipe et portant sur « la créativité » dans cette « ville divisée » qu’est Bruxelles (Cahiers Urbains de la VUBPress, 2018). Vous pouvez commander le livre en suivant ce lien: https://www.aspeditions.be/en-gb/book/cultural-creative-industries-in-brussels/16470.htm.

Vous pouvez également consulter notre brochure qui offre une synthèse de résultats de recherche ainsi qu’une série de recommandations.

 

Contact:

Prof. Karel Vanhaesebrouck (ULB-CiASp): karel.vanhaesebrouck@ulb.ac.be

Dr. Eva Swyngedouw (ULB-CiASp et VUB-Cosmopolis): Eva.Swyngedouw@vub.ac.be